DES PAYS, DES MAISONS ET DES HOMMES®
La collection

« Il y a la géographie des sols et des climats mais il y aussi celle des frontières que l'on trace avec ses pieds en une journée de marche, celle de ces espaces que l'homme appelle déjà « pays » et dans lesquels il se reconnaît. »

 

DES PAYS, DES MAISONS ET DES HOMMES®, est une collection de films documentaires qui nous emmène à la découverte des bâtiments et des savoir-faire de nos villages et de nos campagnes : comprendre les leçons et les expériences du passé pour imaginer l'avenir, celui la France rurale de demain.

La collection repose sur l'idée que les traditions des bâtisseurs constituent les archives les plus riches et les plus révlatrices de l'ancienne «civilisation paysanne». Ces archives de pierres sont leur mémoire, celle de nos origines communes, riches de valeurs culturelles et humaines qu'il nous revient de transmettre aux générations futures.
L'accent est mis sur le patrimoine «de proximité», c'est-à-dire sur ces bâtiments modestes que nous connaissons tous et que nous remarquons à peine tant ils sont l'image même de nos campagnes.

Ces bâtiments anciens nous racontent des histoires, celles des pays et des hommes qui les ont fait naître.
Commençons par apprendre à les regarder, à les écouter et à les lire pour comprendre leur langage et en apprécier toute la profondeur et la richesse...

C'est là le début du voyage.

 
 

Les maîtres-mots de la collection

L'habitat ancien de nos campagnes est l'émanation d'une culture et d'une économie aujourd'hui disparues. Il ne peut être conservé ou reproduit sans devenir autre chose.
Pour que survivent nos campagnes, elles ont certes besoin de garder des témoins de leur histoire mais aussi de vivre au présent et tournées vers l'avenir. L'immobilisme au nom d'un respect excessif serait lui-même une trahison de l'esprit des bâtisseurs qui n'ont jamais cessé de tout temps de modifier au gré des besoins et d'améliorer au gré des moyens. La maison rurale dite «traditionnelle» est en fait une maison profondément évolutive.
Alors, plutôt que de chercher à appliquer des «recettes» de restauration, à préserver l'apparence des bâtiments anciens comme s'il s'agissait de simples décors ou à recopier des modèles d'architectures rurales qui, bien souvent, ne sont pas antérieurs au XIXe siècle, l'homme moderne peut trouver sa place dans la continuité. Cette évolution dans la continuité traditionnelle qui suppose avant tout une redécouverte et une fidélité à l'esprit de ce monde et de cette culture paysanne disparue.
Et plus qu'une esthétique, nous nous réfèrerons à une éthique qui se résume en trois mots:

 

 

 

COMPRENDRE : le temps · l'usage · le pays

Il n'est pas possible d'appliquer un cadre théorique et des techniques «préfabriquées» à la restauration du bâti rural ancien.

LE TEMPS.

Revenir vers les bâtiments de nos campagnes, reflets de ce monde où l'on vivait avec les saisons, où les heures étaient celles du soleil et où la lumière disparaissait avec lui, c'est aussi revenir vers les valeurs d'une civilisation lente et traditionnelle. Avant toute intervention sur le bâti ancien, il faut se laisser le temps de la connaissance. Aucune maison ancienne n'est l'œuvre d'un seul homme mais celle de plusieurs générations.

L'USAGE.

Les décisions qui présidaient à l'édification des bâtiments ruraux étaient dictés par le climat et le milieu, l'économie du pays, les fonctions souvent multiples de l'édifice, ainsi que par le mode de vie des propriétaires successifs. Les bâtisseurs ont su décliner à l'infini la réponse à ce même besoin de vivre et de produire. Cette variété s'inscrit dans l'identité profonde des régions. Ces anciens bâtiments sont les lieux de mémoire des sociétés rurales.

LE PAYS.

Pas de transports onéreux ni de grands voyages, les matériaux utilisés étaient ceux du pays, directement disponibles à proximité : le sable de la rivière, les pierres de la carrière, le bois de la forêt, la terre du champ, la chaux du four voisin... et les bras alentour. Les bâtiments ruraux anciens sont le prolongement du terroir qui les a fait naître.

 


Le village de Rochefort (Côte-d'Or).


 

PRÉSERVER : redécouvrir · conserver · transmettre

Comment préserver ces techniques et ces savoir-faire qui se dérobent à toutes tentatives de transmission organisée?

REDÉCOUVRIR.

L'architecture rurale ancienne et les savoir-faire qui s'y rattachent sont l'une des grandes composantes de notre patrimoine commun. Cet héritage du passé est fort de valeurs culturelles et humaines dans lesquelles nous nous reconnaissons à titre individuel et collectif. Sans être meilleures ou préférables, ces valeurs sont différentes. Cette différence est notre richesse.

CONSERVER

Il convient d'être prudent sur les notions même de conservation et de restauration. Comment conserver le charme et l'âme d'un bâtiment ancien ? Comment ne pas le rendre muet et perdre irrémédiablement ce qui avait séduit de prime abord ? Peut-être en se souvenant que, à chaque étape, «l'élégance véritable consiste à ne pas se faire remarquer».

TRANSMETTRE.

Réapprendre à s'inscrire dans la chaîne traditionnelle du temps, retrouver cette mémoire, pour les transmettre aux générations à venir mais aussi à celui qui passe, s'arrête et prend le temps de regarder. Ne plus «retaper» mais continuer l'histoire passionnante des pierres qui parlent encore des hommes quand ceux-ci ne sont plus.

 

Maison à galerie dans le tournugeois (Saône-et-Loire).

 

FORMER : observer · reconnaître · œuvrer

Réaffirmons les valeurs humaines, professionnelles et intellectuelles qui s'attachent aux métiers, et suscitons de nouvelles vocations pour former de jeunes professionnels qui seront fiers de leur art.

OBSERVER.

Établir un diagnostique et évaluer des désordres qui peuvent affecter le bâtiment. Distinguer les différentes phases de son histoire, chercher et se poser mille questions, mener l'enquête. Mais aussi percevoir l'espace naturel, le climat du pays et la façon dont les éléments agissent sur le bâtiment. Apprendre à regarder, et découvrir l'ancienne organisation du lieu en éprouvant nos propres besoins, et y trouver une place dans la continuité.

RECONNAITRE.

Les choses qui sont faites pour durer doivent aussi être entretenues car, rien n'est éternel, pas plus l'homme que les pierres qu'il pose. Un bâtiment ancien bouge, respire, joue et vie au gré des saisons. Il se nourrit de la terre, du bois, de la pierre et du sable de son terroir. C'est de là qu'il tire sa personnalité et son “caractère”. Il est indispensable de transmettre la connaissance des matériaux et de leur mise en œuvre, et d'en tirer des leçons pour imaginer une architecture moderne plus saine et plus durable, respectueuse de l'homme et de son environnement.

ŒUVRER.

De nombreux métiers aux méthodes de travail traditionnelles sont aujourd'hui menacés de disparition. Chaque rencontre avec ces artisans réaffirme pourtant une conception particulière et originale de l'homme, du travail et du métier. Ouvrir les formations professionnelles à l'apprentissage de ces savoir-faire en voie de disparition c'est répondre à une demande croissante et de plus en plus exigeante. C'est faire le choix de s'engager dans une filière d'avenir. Les métiers du bâti ancien sont un formidable réservoir d'emplois pour nos régions.

 

Restauration d'un four à pain à Gurgy-la-Ville (Côte-d'Or). Un "lapin", jeune compagnon du Devoir sur le Tour de France, travaille à la réfection de la sole.

Chef-d'œuvre de l'architecture paysanne : cette ancienne tour ronde de fortification devenue pigeonnier carré à son faîte, a été transformée en escalier de service d'une maison rurale édifiée au XVIIIe siècle (Saône-et-Loire).

© Les Films dans la Lune - 2007

 

« L'espace rural français...

doit être regardé aujourd'hui avec un oeil neuf. Il faut changer de repère. Cet espace qu'on tenait jadis pour périphérique, peu perméable aux courants du progrès, cristallise aujourd'hui espoirs et inquiétudes de la société française. Les enjeux dont il est porteur se sont considérablement diversifiés et l'audience plus large dont il bénéficie témoigne à son égard d'un intérêt toujours plus soutenu. Qu'il s'agisse de la qualité du cadre de vie, de celle de l'alimentation ou de la préservation de l'environnement – pour ne citer que ces trois cas particulièrement sensibles — chacun sait que ces questions le concernent directement. »

Quelle France rurale pour 2020 ?
Contribution à une nouvelle politique de développement rural durable.

Étude prospective de la DATAR septembre 2003

> Consulter le rapport : [PDF] 624 Ko

© Les Films dans la Lune - 2007